Jean-Pierre: son plus beau parcours…

A 66 ans, il aurait pu, Jean-Pierre Chevalier, se contenter de soigner son swing ou ses approches sur les fairways de la région. Ainsi, après avoir mis les pouces à l'Education Nationale, se serait-il occupé de son index (12, excusez du peu !)…

 Retraité de l'Inspection d'Académie d'Aix-Marseille, il a pourtant préféré voilà quatre ans s'investir dans le bénévolat. "J'avais besoin d'un activité, mais pas forcément de responsabilités. Je ne voulais pas être chef ! Et puis, je considère qu'avant de vouloir acheter quelque chose, il faut savoir comment ça marche… Je me suis donc retrouvé à soulever des cagettes de fruits et de légumes deux matinées par semaine."


Soit la bagatelle de 26 tonnes de produits frais par an, à sortir des palettes, à trier et à recycler. "C'est du non-stop de 8 heures du matin à midi ! Mais j'ai trouvé là une super ambiance à la Marseillaise. Avec tout ce que cela sous-entend de pittoresque." Lui, le Breton installé à Aix depuis 25 ans, après avoir bourlingué jusqu'à Tahiti, trouve donc son bonheur dans la souillarde de la BA. Sur cet ersatz de marché de Provence d'où s'échappent des fragrances d'agrumes ou des parfums de primeurs selon l'arrivage, il apprécie la faconde des collègues avec qui il fait équipe, comme Jacques le lundi, ou Fatiha le vendredi. " Avec elle, j'échange des souvenirs d'Algérie où j'ai vécu dix ans. C'est sympa…"


Depuis quatre ans donc, en bon inspecteur des fruits et légumes, il met les mains dans les salades blettes ou les fruits talés pour en sortir ce qui peut encore nourrir son prochain.


Mais son expérience de la gestion, de l'économie et de l'hôtellerie, les secteurs qui l'occupaient pendant sa vie active, lui a aussi valu d'être mandaté pour une autre mission au sein de la BA. Il installe le logiciel "Passerelle" et conseille les associations qui souhaitent s'en équiper.


Une structure managériale incontournable

"C'est un outil informatique de gestion des stocks qui fait l'interface entre la BA et ses bénéficiaires. Il nous permet de remonter des données utiles pour la distribution et l'utilisation des denrées. Les associations qui en sont pourvues parviennent indéniablement à mieux gérer leur affaire. Je ne parle même pas de celles qui ressemblent à des PME, ou qui ont des allures de holding comme la Fraternité Salonaise. "Passerelle" est devenu indispensable pour beaucoup !"


Enfin, quand il a encore un peu de temps, Jean-Pierre s'en va prêcher la bonne parole dans des établissements scolaires. La pédagogie, il connait un peu, alors avec son Power Point sous le bras il propose des exposés sur cette BA qui l'a tout de même bluffé.


"J'avais entendu parler de la collecte et de la finalité de la Banque Alimentaire. Mais j'en étais resté au côté compassionnel et caritatif. Je n'imaginais pas l'ampleur que j'allais découvrir dans la coulisse. Depuis mon arrivée, la ramasse quotidienne a plus que doublé. La tâche est devenue proprement impressionnante ! En fait, il s'agit là d'une véritable activité d'entreprise, avec une structure managériale désormais incontournable. De l'extérieur, on pourrait croire que c'est davantage artisanal. Mais les besoins sont devenus tels…. J'ai vraiment été agréablement surpris par la professionnalisation de ce barnum !"


Mais, ce qui l'amuse vraiment c'est encore visiblement de trimbaler des cagettes à longueurs de matinées. "C'est exigeant et c'est bon pour la forme. Car en fait, j'ai un autre défaut : je joue au golf. Et comme j'ai l'intention de progresser encore dans mon handicap, je mets à profit l'exercice physique de la BA pour entretenir ma condition…"


Il n'en est plus à un parcours près, Jean-Pierre.


Et celui de sa générosité n'a rien à envier à ceux de ses 18 trous…
                                                                                                JLK